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Européennes : à Sotteville-lès-Rouen, Raphaël Glucksmann donne de l’espoir aux électeurs socialistes

À Sotteville-lès-Rouen – Raphaël Glucksmann était en meeting en Normandie mercredi soir, aux côtés des anciens rivaux socialistes Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol. Ensemble, ils ont porté un message d’espoir en affirmant que leur liste pouvait créer la surprise aux élections européennes du 9 juin et ainsi éviter le duel annoncé entre la majorité présidentielle et l’extrême droite.

L’image d’unité était belle et sans doute nécessaire pour le Parti socialiste (PS). Un peu plus d’un an après leur affrontement au congrès de Marseille, lors duquel le parti s’était déchiré entre pro et anti-Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale), le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, et le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, étaient réunis autour de la tête de liste PS-Place publique Raphaël Glucksmann, mercredi 3 avril, lors d’un meeting à Sotteville-lès-Rouen. Tous ensemble, ils ont semblé mettre derrière eux les déchirements de janvier 2023 pour se projeter vers un avenir qu’ils espèrent heureux au soir du dimanche 9 juin, date du scrutin européen en France.

L’avenir dira s’il s’agit de retrouvailles amenées à durer ou d’une simple parenthèse, le temps de la campagne des élections européennes. Mais en attendant, le leader de Place publique a au moins réussi la prouesse d’apaiser les dissensions au sein du Parti socialiste.

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Nicolas Mayer-Rossignol a d’ailleurs remercié le député européen élu en 2019. « Ici, on chasse les spectres et d’abord celui des divisions. Olivier et Raphaël, nous sommes ensemble au cœur du combat commun. On se rassemble pour l’Europe, pour nos valeurs, pour les Françaises et les Français », a-t-il affirmé. « Grâce à Raphaël et grâce à cette campagne, je suis fier de dire qu’aujourd’hui, nous portons une ligne claire », a-t-il ajouté, évoquant un « spectre de l’indécision », en référence à l’alliance avec La France insoumise, dont le projet européen est davantage eurosceptique.

Présent parmi les 500 spectateurs venus garnir la petite salle du Trianon, François, 86 ans, fait partie de ces adhérents socialistes qui ont vu d’un mauvais œil l’alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. « Notre ami Olivier Faure a fait quand même pas mal d’erreurs, j’ai du mal à lui pardonner », explique-t-il, satisfait malgré tout de voir les socialistes réunis pour l’occasion.

Cette campagne des européennes lui permet aujourd’hui d’oublier ce qu’il considérait être un effacement du PS au sein de la Nupes. Deux ans après la débâcle d’Anne Hidalgo à l’élection présidentielle (1,75 % des voix) et l’alliance de gauche aux législatives, la voix des socialistes est de nouveau entendue, considère-t-il.

La liste portée par Raphaël Glucksmann recueille 13 % d’intentions de vote dans un sondage Toluna-Harris Interactive pour Challenges, M6 et RTL, publié mercredi 3 avril, et fait espérer aux adhérents et sympathisants socialistes la possibilité dans ce scrutin d’un match à trois avec le Rassemblement national (31 % d’intentions de vote dans le même sondage) et la liste Renaissance-MoDem-Horizons (17  %).

« Il existe trois visions dans ces élections »

Pour le député européen, c’est notamment cet espoir qui change la donne en 2024.

« Partout, nous rencontrons la même espérance, partout il y a la même exigence, la même attente, a-t-il lancé au public principalement composé de retraités adhérents du PS. Les stratèges de l’Élysée avaient prévu un énième duel entre Emmanuel Macron et l’extrême droite. Nous avons bouleversé ces plans. Nous avons commencé à montrer qu’il existe trois visions dans ces élections. »

Laissant de côté d’éventuelles attaques en direction de leurs concurrents de gauche, les orateurs ont donc préféré entrer dans la conversation entre Jordan Bardella et Valérie Hayer, les têtes de liste du Rassemblement national et de la majorité présidentielle.

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« L’extrême droite, ce sont des voleurs, des charlatans de voix », attaque Nicolas Mayer-Rossignol, en pointant l’incohérence de leurs discours et de leurs votes au Parlement européen. « Ce président de la République qui devait faire barrage à l’extrême droite est celui qui leur a offert une victoire idéologique avec la loi immigration et cette idée de préférence nationale », cible de son côté Olivier Faure, avant de laisser Raphaël Glucksmann développer ce que compte porter le Parti socialiste dans cette campagne.

Pour ce dernier, l’Union européenne doit devenir une « puissance industrielle », une « puissance écologique », une « puissance sociale », une « puissance humaniste » et une « puissance féministe ».

Accusé par certains détracteurs de ne parler jusqu’ici que de la guerre en Ukraine, Raphaël Glucksmann s’est efforcé de parler d’autres sujets, davantage en lien avec la vie quotidienne des Européens et des Français en particulier.

« Refaire du continent européen un continent de producteurs »

L’ancien conseiller du président géorgien Mikheïl Saakachvili a ainsi regretté que l’Europe soit devenue un continent de « consommateurs ». « Nous sommes devenus consommateurs de sécurité produite aux États-Unis », a-t-il d’abord souligné, agitant le spectre d’une nouvelle élection de Donald Trump et d’une protection militaire américaine qui disparaîtrait.

« Nous sommes aussi des consommateurs d’énergie », a-t-il poursuivi en critiquant la dépendance de l’Union européenne aux énergies fossiles, notamment en provenance de Russie et d’Azerbaïdjan.

« Nous sommes aussi des consommateurs de biens produits en Chine dans tous les secteurs stratégiques », a-t-il enfin asséné, là encore en mettant en évidence que « nous ne sommes plus capables de produire ce dont nous avons besoin, y compris dans des secteurs vitaux ».

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Pour mettre fin à ces dépendances, Raphaël Glucksmann propose de « marier transition écologique et réindustrialisation » afin de « refaire du continent européen un continent de producteurs ». Cela suppose selon lui des « ruptures avec la religion du libre-échange » et « du mythe de la concurrence libre et non faussée ».

Une façon de séduire à la fois les électeurs de centre-gauche déçus par l’expérience Emmanuel Macron, tout en parlant aux électeurs de gauche tentés par un vote écologiste ou insoumis, sans oublier les fidèles électeurs socialistes.

« Des personnes comme Manon Aubry ont des idées beaucoup plus tranchées, qui ne rassemblent pas. Ce qu’on veut pour l’Europe, c’est une union, un rassemblement, et c’est ce que propose Raphaël Glucksmann avec ses convictions », juge ainsi Sylvie, 71 ans, qui avait déjà voté pour lui il y a cinq ans.

Mais contrairement à 2019, lorsqu’il avait fini avec seulement 6,19 % des voix, Raphaël Glucksmann envisage une issue beaucoup plus optimiste. « Il faut porter ce message : une alternative existe », a-t-il scandé en conclusion de son discours, juste avant d’entonner le chant révolutionnaire italien « Bella Ciao ».


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