Close

Le fonds activiste Bluebell repart à l’offensive contre Larry Fink, PDG du géant BlackRock

Le PDG de BlackRock, Larry Fink, à New York, le 19 septembre 2022.

« La bonne santé des marchés financiers dépend d’une interaction continue entre les entreprises et leurs actionnaires », écrivait, le 26 mars, Larry Fink, le PDG de BlackRock, numéro un mondial de la gestion d’actifs, dans sa dernière lettre aux investisseurs – un rendez-vous annuel très suivi dans les milieux financiers du monde entier.

En matière de dialogue avec les actionnaires, M. Fink aurait pourtant sans doute espéré mieux que le dernier épisode en date mettant en cause le groupe qu’il dirige depuis 1988. Car c’est un habitué des attaques contre des poids lourds de la cote qui s’en prend aujourd’hui à lui : Bluebell Capital Partners, fonds activiste sis à Londres, dont les cibles, ces dernières années, ont inclus le groupe minier Glencore, le chimiste Bayer et, en France, Kering, Worldline et Danone. Chez ce dernier, les attaques de Bluebell avaient largement contribué à l’éviction du PDG Emmanuel Faber, en 2021.

A BlackRock, le fonds réclame aujourd’hui une modification des statuts pour séparer les fonctions de président de celles de directeur général, et, dans la foulée, la nomination d’un président réellement « indépendant ». Pour Bluebell, la concentration des pouvoirs aux mains d’un PDG crée un conflit d’intérêts inhérent au fait que le directeur général agit sous sa propre autorité en tant que président.

Multiples acquisitions

Ce manque de supervision indépendante, poursuit-il, aboutit à « de multiples contradictions et incohérences entre la stratégie ESG [environnement, social et gouvernance] de BlackRock et sa mise en œuvre ». Le groupe, qui gère quelque 10 000 milliards de dollars (9 200 milliards d’euros) d’investissements, serait donc incapable, à en croire Bluebell, de promouvoir, dans les entreprises dont il est actionnaire, les principes de gestion qu’il défend.

Autant d’arguments récusés par BlackRock, dans une réponse rendue publique jeudi 4 avril. Appelant ses actionnaires à rejeter les demandes de Bluebell lors de l’assemblée générale du 15 mai, l’américain assure que son organisation actuelle est au contraire « un élément-clé » du respect des engagements pris envers les actionnaires.

Loin de créer un conflit d’intérêts, le mandat de PDG exercé par Larry Fink depuis la fondation de l’entreprise serait ainsi la formule « la plus appropriée et la plus efficace », et l’une des raisons du succès du groupe, de la rentabilité de 9 000 % assurée aux actionnaires depuis l’introduction en Bourse en 1999 aux multiples acquisitions conclues au fil des ans.

Il vous reste 40.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top