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Guerre Israël-Hamas, jour 188 : Israël accuse le Hamas de « tourner le dos » à une « offre très raisonnable » en vue d’une trêve

Des Palestiniens observent la fumée qui se dégage d’un bombardement israélien sur le marché de Firas, dans la ville de Gaza, le 11 avril 2024.

Retrouvez ici notre point sur la situation d’hier

Jeudi 11 avril, l’armée israélienne a annoncé avoir mené pendant la nuit « une opération de précision dans le centre de la bande de Gaza », « afin d’éliminer des agents terroristes ». Selon le ministère de la santé du Hamas, les bombardements israéliens ont fait soixante-trois morts en vingt-quatre heures dans le territoire palestinien. « La situation est désastreuse et empire, les bombardements n’ont pas cessé et continuent », a raconté à l’Agence France-Presse (AFP) un témoin sur place dans le secteur de Nousseirat, dans le centre du territoire assiégé.

Dans son dernier bilan, le ministère palestinien fait état de 33 545 personnes tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre. Côté israélien, ce sont 1 170 personnes, en majorité des civils, qui ont perdu la vie, selon le dernier bilan établi par l’AFP à partir des données officielles israéliennes.

Les progrès en vue d’une trêve se font attendre

Ils s’étaient donné quarante-huit heures, mais le Hamas et Israël n’avaient pas encore répondu jeudi au projet de trêve soumis dimanche par les médiateurs : sous forte pression, aucun des deux camps ne semble vouloir quitter le premier la table des négociations.

Le gouvernement israélien a accusé jeudi le Hamas de « tourner le dos » à une « offre très raisonnable ». Devant la presse, le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer, a également critiqué « les pressions internationales exercées sur Israël » qui ont, selon lui, « pour effet d’aider le Hamas, de l’éloigner » de la négociation.

Le plan présenté au Caire par les médiateurs américain, égyptien et qatari prévoit dans un premier temps une trêve de six semaines, un échange d’otages israéliens et de centaines de prisonniers palestiniens, l’augmentation de l’aide humanitaire et le retour des habitants du nord de la bande de Gaza déplacés par la guerre, selon une source au sein du Hamas.

A terme, tous les otages seraient libérés ainsi qu’un nombre indéterminé de détenus palestiniens. L’armée quitterait totalement Gaza et lèverait le siège du territoire imposé après que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007.

Au cœur des demandes du Hamas, un cessez-le-feu permanent. Inacceptable à ce stade pour le premier ministre israélien, qui continue de répéter que la guerre se poursuivra jusqu’à la victoire sur le Hamas et la libération de tous les otages. Benyamin Nétanyahou reste déterminé à « éliminer » les derniers bataillons du Hamas, regroupés selon lui à Rafah, où 1,5 million de Gazaouis fuyant la guerre ont trouvé refuge.

Un responsable du Hamas prévient que localiser les otages demandera du temps

« Une partie des négociations consiste à parvenir à un accord de cessez-le-feu afin de disposer de suffisamment de temps et de sécurité pour recueillir des données définitives et plus précises sur les Israéliens capturés », a affirmé jeudi dans un communiqué Bassem Naïm, un des membres de la direction du Hamas.

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Selon lui, les captifs « se trouvent dans différents endroits aux mains de différents groupes. Certains d’entre eux sont sous les décombres, tués avec nos propres concitoyens ». Il a ajouté que le mouvement négociait des « équipements lourds » pour les localiser. M. Naïm a souligné que la question des otages israéliens n’était qu’un des thèmes des pourparlers en cours en vue d’une trêve.

Menaces de représailles de l’Iran contre Israël : « Israël répondra et attaquera l’Iran »

Des menaces de représailles de l’Iran contre Israël ont de nouveau fait monter la tension jeudi au Proche-Orient. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, dont le pays, ennemi d’Israël, soutient le Hamas, avait assuré mercredi qu’Israël serait « puni » après une attaque meurtrière qui lui a été imputée le 1er avril en Syrie. Cette frappe a détruit le consulat iranien à Damas et a fait seize morts, parmi lesquels sept membres du corps des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, selon une ONG.

« Si l’Iran mène une attaque depuis son territoire, Israël répondra et attaquera l’Iran », a répondu en persan le ministre des affaires étrangères israélien, Israel Katz.

Depuis le début de la guerre à Gaza, il y a plus de six mois, les tensions ont redoublé entre l’Iran, Israël et leurs alliés respectifs. Joe Biden a assuré son allié Israël de son soutien « inébranlable », en dépit des tensions entre les deux pays autour de la conduite de l’offensive israélienne contre le Hamas, et exhorté le Hamas à « avancer » sur l’offre de trêve.

Les groupes pro-iraniens du Liban, d’Irak ou du Yémen mènent des attaques contre des objectifs israéliens et américains pour soutenir le Hamas. Israël, de son côté, a intensifié ses frappes contre des positions de l’armée syrienne, mais surtout contre des groupes pro-iraniens, comme le Hezbollah au Liban, et des cibles militaires iraniennes en Syrie.

« Nous sommes en pleine guerre à Gaza, qui continue à plein régime (…) mais nous nous préparons aussi à faire face à des défis sur d’autres théâtres », a déclaré jeudi Benyamin Nétanyahou. « Nous sommes prêts pour la défense et l’attaque », a-t-il assuré.

Le même jour, la Russie a appelé l’Iran et Israël à faire preuve de « retenue » pour éviter la « déstabilisation » du Proche-Orient, « qui n’est déjà pas très stable et prévisible », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, a elle aussi appelé à la « retenue », afin d’éviter une « nouvelle escalade régionale ».

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, s’est entretenu jeudi avec ses homologues chinois, turc et saoudien, les appelant à faire pression sur l’Iran contre toute attaque visant Israël, a annoncé jeudi le département d’Etat. « Personne n’a intérêt à une escalade » dans la région et « tous les pays devraient inciter l’Iran à ne pas entreprendre une escalade », a dit à la presse le porte-parole du département d’Etat, Matthew Miller.

Le général Michael Erik Kurilla, chargé du Moyen-Orient, doit par ailleurs rencontrer en Israël d’« importants dirigeants de [l’armée israélienne] et discuter des menaces sécuritaires actuelles dans la région », a déclaré à la presse le porte-parole du Pentagone, Pat Ryder.

Jeudi, les Etats-Unis ont annoncé restreindre les mouvements de leur personnel diplomatique en Israël par souci de sécurité. « Par mesure de précaution, les employés de l’administration américaine et les membres de leur famille ne sont pas autorisés à voyager en dehors des zones de Tel Aviv, Jérusalem et Beersheva jusqu’à nouvel ordre », selon un avis diffusé par l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

Aide humanitaire à Gaza : le Conseil de sécurité de l’ONU appelle Israël à faire « plus »

Dans une déclaration publiée jeudi, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont souligné leur « profonde inquiétude concernant le bilan humain du conflit, la situation humanitaire catastrophique et la menace d’une famine imminente ». Ils ont appelé « à la levée immédiate de tous les obstacles à la livraison d’une aide humanitaire d’ampleur à la population civile et à la distribution sans entrave de cette aide ».

Les membres du Conseil ont également « pris note de l’annonce d’Israël d’ouvrir le point de passage d’Erez et de permettre l’utilisation du port d’Ashdod pour l’aide à Gaza, mais ont souligné que plus doit être fait pour apporter l’aide humanitaire nécessaire face à l’ampleur des besoins à Gaza ». Ils insistent sur la « nécessité d’appliquer immédiatement et totalement cette décision de manière durable ».

Des ONG, dont Amnesty, saisissent la justice contre les livraisons d’armes à Israël

Huit organisations, dont Amnesty International France, ont annoncé jeudi avoir saisi – ou s’apprêter à le faire – le tribunal administratif de Paris pour exiger « la suspension des livraisons d’armes » de la France à Israël, une action décrite comme « parfaitement exceptionnelle ».

« Il existe clairement un risque que les armes et les équipements militaires que la France exporte vers Israël soient utilisés pour commettre de graves crimes contre des populations civiles dans la bande de Gaza occupée », s’alarment ces ONG, associations et syndicats – dont Attac et Solidaires – dans un communiqué.

« Ce faisant, la France viole les règles internationales relatives notamment au traité sur le commerce des armes et risque de devenir complice de violations du droit international – y compris de crimes de guerre – et d’un possible génocide », alertent ces organisations, qui ont ou vont déposer trois procédures juridiques d’urgence distinctes.

Adhésion des Palestiniens à l’ONU : « pas de consensus » au sein du Conseil de sécurité

Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ne sont pas parvenus à un consensus jeudi pour recommander une adhésion des Palestiniens aux Nations unies, a annoncé la présidente en exercice du Conseil, une absence de consensus qui laisse présager un vote prochainement. Mettant en avant l’offensive israélienne à Gaza, les Palestiniens ont relancé la semaine dernière leur demande d’adhésion à l’ONU de 2011, et le Conseil a enclenché son processus formel d’examen au sein d’un comité ad hoc du Conseil, composé des mêmes Etats membres.

L’ambassadrice maltaise Vanessa Frazier, qui préside le Conseil en avril, a assuré que « deux-tiers » des membres du Conseil étaient en faveur de cette adhésion pleine et entière des Palestiniens, sans les nommer. Mais ce comité ne peut prendre de décisions que par consensus. Cela ne marque pas pour autant la fin de la démarche palestinienne. Suite au rapport du comité, n’importe quel Etat membre du Conseil peut en effet mettre au vote une résolution sur cette adhésion.

Selon des sources diplomatiques, un vote pourrait avoir lieu le 18 avril, à l’initiative de l’Algérie qui représente les pays arabes au sein du Conseil. Si l’ambassadrice maltaise a laissé entendre qu’une telle résolution devrait recueillir les 9 voix nécessaires sur 15, les observateurs prédisent un veto des Etats-Unis. Comme en 2011, les Américains estiment que l’ONU n’est pas le lieu pour la reconnaissance d’un Etat palestinien, qui devrait selon eux être issu d’un accord entre Israël et les Palestiniens. Ils mettent également en avant une loi américaine qui prévoit de couper le financement à l’ONU si le Conseil de sécurité accepte un Etat palestinien hors d’un tel accord bilatéral.

En septembre 2011, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait lancé la procédure demandant « l’adhésion de l’Etat de Palestine à l’ONU », qui n’était jamais allée à son terme. Les Palestiniens avaient obtenu finalement en novembre 2012 le statut « d’Etat non membre observateur ». « Tout ce que nous demandons, c’est de prendre notre place légitime au sein de la communauté des Nations », a plaidé cette semaine l’ambassadeur palestinien à l’ONU Riyad Mansour.

Le Monde avec AFP

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