Close

Marché du livre : controverse sur la taxation des ouvrages d’occasion

Stock de l’entreprise de vente de livres d’occasion Recyclivre, à Villabé (Essonne), le 29 mars 2023.

L’idée de taxer les livres refait surface. Lors de sa visite au Festival du Livre de Paris qui s’est achevé dimanche 14 avril, Emmanuel Macron a indiqué vouloir « mettre en place au moins une contribution » sur le marché des livres d’occasion afin « de protéger le prix unique et [de] permettre à nos auteurs, éditeurs et traducteurs aussi d’être mieux aidés ». Il a laissé à Rachida Dati, ministre de la culture, le soin de faire des annonces sur ce sujet avant la fin du salon. Elles étaient toujours attendues lundi 15 avril.

Aux yeux du président de la République, « le livre d’occasion, quand il est fléché par certaines plates-formes », peut permettre de contourner le prix unique. Il a fait sienne la vision du Syndicat national de l’édition (SNE), pour qui le marché du livre de seconde main devient un concurrent déloyal quand des ouvrages en état neuf sont mis en vente à un prix inférieur à celui pratiqué en librairie, en grande surface, et dans les magasins FNAC ou Cultura.

Dans l’émission Soft Power sur France Culture, dimanche 14 avril, Vincent Montagne, le président du SNE, a précisé qu’une telle taxe ne viserait que les plates-formes « industrielles » − comme Momox, Amazon, Rakuten, ou ebay −, mais en aucun cas les brocanteurs, les bouquinistes ou Emmaüs. Ces géants de la distribution auront beau jeu d’attaquer cette nouvelle taxe si elle ne s’applique pas à tous.

« Quelques centimes par livre »

« Le marché du livre d’occasion est devenu un secteur dans le secteur », a expliqué M. Montagne, détenu par de « grands acteurs internationaux qui ne paient pas d’impôts en France ». Cette nouvelle taxe envisagée à hauteur de 3 % sur chaque livre d’occasion ferait l’objet « de discussions juridiques françaises et européennes ». Elle ne représenterait que « quelques centimes par livre et ne devrait donc pas changer le fait d’acheter ou de ne pas acheter un livre », a-t-il ajouté.

Selon une étude du ministère de la culture et de la société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia), publiée le 10 avril, le livre d’occasion, qui progresse chaque année, représentait en 2022 près de 20 % des exemplaires achetés et moins de 10 % de la valeur du marché.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Marché du livre : les éditeurs disent gagner moins que les auteurs

Cet engouement tient très prosaïquement, selon cette étude, à des raisons pécuniaires, en ces temps de forte inflation et de hausse des prix des ouvrages. De façon marginale, ces achats de seconde main sont aussi motivés par des raisons écologiques. Par ailleurs, « le nombre d’acheteurs de livres d’occasion a augmenté, à l’inverse du nombre d’acheteurs de livres imprimés neufs », soulignent les auteurs de l’étude.

Il vous reste 40.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top