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Sur le plateau des Glières, Emmanuel Macron lance les commémorations des 80 ans de la Libération

Emmanuel Macron a débuté dimanche en Haute-Savoie un marathon mémoriel autour du 80e anniversaire de la Libération par un hommage au « foyer ardent de la Résistance » du plateau des Glières, où il s’était déjà rendu il y a cinq ans. 

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Il s’agit d’un nouveau temps fort mémoriel, après la panthéonisation de Missak Manouchian et l’hommage aux maquisards et aux enfants d’Izieu. Emmanuel Macron a entamé, dimanche 7 avril, le « parcours de mémoire » autour du 80e anniversaire de la Libération, qui culminera en juin avec le Débarquement de Normandie.

Le chef de l’État a rallié ce matin le plateau des Glières, dans les Alpes, théâtre de combats qui opposèrent l’armée allemande et la milice française aux résistants en mars 1944.

Il a salué la mémoire de ce sanctuaire de « 9 000 hectares de France libre au creux des cîmes », et dont le dernier survivant, Jean Isaac-Tresca, est mort il y a un an à l’âge de 104 ans. Lors de son quinquennat (2007-2012), Nicolas Sarkozy en avait fait un lieu de pèlerinage annuel.

« Vivre libre ou mourir : tel est notre viatique, hier, aujourd’hui et demain, pour que vive la République et vive la France », a lancé Emmanuel Macron en reprenant la devise des maquisards pour conclure son discours devant la nécropole de Morette.

Il se rendra ensuite dans l’après-midi à la Maison d’Izieu (Ain), où 44 enfants juifs furent raflés par la Gestapo sur ordre de Klaus Barbie le 6 avril 1944. Tous furent déportés et assassinés dans les camps d’Auschwitz-Birkenau (Pologne) et de Reval (Estonie).

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Ce long cycle de commémorations s’est ouvert avec un hommage à Jean Moulin, chef de la Résistance, en 2023, puis l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian, résistant communiste étranger, en février.

Débute maintenant celui de la « Renaissance » de la France avec la victoire sur l’Occupant nazi et le régime de Vichy en 1944.

« La mission du président, c’est de dire que nous avons une histoire particulière qui est une grande histoire mais qui comporte aussi ses zones d’ombre, qu’il faut savoir regarder en face », souligne un conseiller présidentiel, en rappelant l’implication de la milice pour lutter contre les résistants.

Regain d’antisémitisme

Emmanuel Macron avait déjà fait le déplacement aux Glières en compagnie de l’ex-président Nicolas Sarkozy, le 31 mars 2019, pour le 75e anniversaire des combats.

Le président français Emmanuel Macron (droite) et son prédécesseur Nicolas Sarkozy près de Thorens-Glières le 31 mars 2019 dans les Alpes françaises
Le président français Emmanuel Macron (droite) et son prédécesseur Nicolas Sarkozy près de Thorens-Glières le 31 mars 2019 dans les Alpes françaises © ludovic MARIN / POOL/AFP/Archives

De janvier à mars 1944, 465 maquisards se regroupèrent sur ce plateau en Haute-Savoie pour recevoir des parachutages d’armes des Alliés, dans la perspective du Débarquement de Provence (août 1944).

L’armée allemande et la milice investirent le lieu à la fin mars 1944. Les deux tiers des maquisards furent faits prisonniers et 124 tués lors des combats ou fusillés, neuf disparurent et 16 mourront en déportation.

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À Izieu, Emmanuel Macron rappellera que « le fondement unique de l’antisémitisme, c’est la haine », poursuit la présidence. La France connaît un regain d’antisémitisme depuis l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre et la riposte de l’armée israélienne à Gaza.

Prélude au 80e anniversaire du Débarquement en Normandie

Entre mai 1943 et avril 1944, la colonie d’Izieu, fondée par Sabine Zlatin, résistante juive d’origine polonaise, et son époux Miron Zlatin, qui avait fui la Révolution russe, a accueilli une centaine d’enfants, parfois pour quelques semaines.

Emmanuel Macron rendra aussi hommage le 16 avril au maquis du Vercors (Drôme), une première pour un président en activité.

Suivront ensuite les célébrations pour le 80e anniversaire du Débarquement en Normandie, le 6 juin, auxquelles le président américain Joe Biden est attendu.

Puis se tiendront l’hommage à Georges Mandel, assassiné le 7 juillet 1944 en forêt de Fontainebleau, le 80e anniversaire du Débarquement de Provence et de la libération de Paris en août et enfin celle de Strasbourg en novembre.

Depuis 2017, Emmanuel Macron enchaîne les hommages nationaux et les références historiques, plus que ses prédécesseurs, exception faite peut-être du général de Gaulle.

Le président français Emmanuel Macron devant les cercueils du résistant Missak Manouchian et de sa femme Mélinée durant une cérémonie d'hommages au Panthéon, le 21 février 2024 à Paris
Le président français Emmanuel Macron devant les cercueils du résistant Missak Manouchian et de sa femme Mélinée durant une cérémonie d’hommages au Panthéon, le 21 février 2024 à Paris © Christophe PETIT TESSON / POOL/AFP/Archives

Une manière pour lui d’invoquer une Nation rassemblée par temps de fractures, et d’esquisser, en filigrane, son propre projet politique.

Après « l’itinérance mémorielle » autour de la Première Guerre mondiale en 2018, les commémorations de la Libération doivent constituer un temps fort de son second quinquennat, avec les JO de Paris.

Avec AFP

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