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Une compétition d’arcs et de propulseurs préhistoriques, quand l’archéologie est à l’origine d’un sport

Matthieu Lacoste, au tir à l’arc, lors du Championnat européen de tir aux armes préhistoriques, à Vassieux-en-Vercors (Drôme), le 30 mars 2024.

Bras gauche replié, bras droit tendu en arrière, armé d’une sagaie calée contre l’appendice en forme de crochet de son propulseur, Matthieu Lacoste se concentre. Avec leurs grands empennages qui peuvent être en plumes d’oie ou de paon, les sagaies sont particulièrement sensibles au vent qui souffle sur le plateau du Vercors et les dévie. « On n’explosera pas les records aujourd’hui », constate-t-il, philosophe. Et, d’un coup, son bras se détend comme un ressort, libérant à mi-course son projectile qui vient se ficher dans le corps d’un ours des cavernes dessiné sur une cible à 20 mètres. Il s’agit bien d’un sport, mais d’un sport né de la science archéologique.

Actuel champion d’Europe de tir aux armes de jet préhistoriques, qui comprend également l’arc, Matthieu Lacoste fait partie de la trentaine de concurrents qui s’affrontent, ce 31 mars, aux abords du Musée de la préhistoire à Vassieux-en-Vercors (Drôme). Assistant de conservation du patrimoine et médiateur dans cet établissement, Loïc Mathieu espérait une cinquantaine de participants, mais la météo en a découragé plus d’un dont certains avaient prévu de venir vêtus de peaux de bêtes. Plusieurs des « vedettes » du circuit ont néanmoins répondu présent. Kuno Bay est venu de Suisse alémanique, Jurgen Junkmanns, archéologue, auteur d’un livre de référence, Arc et flèche. Fabrication et utilisation au néolithique (Musée Schwab, 2006), est arrivé de Cologne (Allemagne) et Luis Angel Breton, lointain descendant d’Armoricains, a fait le voyage depuis La Rioja (Espagne).

Ce championnat singulier, disputé chaque année, toujours à proximité d’un musée ou d’un site archéologique européen, en est à sa 34édition. Pour 2024, le circuit officiel compte trente-cinq étapes réparties entre la France, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, la Suisse et l’Autriche.

Chaque manche se déroule sur un week-end. Le samedi après-midi est consacré au tir à l’arc et le dimanche matin au propulseur. Pour être classé, chacun doit en disputer un minimum de trois. L’épreuve consiste à effectuer un parcours en terrain naturel et à tirer une fois sur chacune des trente cibles décorées de dessins d’animaux du paléolithique supérieur et du mésolithique (hyène, coq de bruyère, bœuf musqué, mammouth…) ou, à défaut, à réaliser trois fois un même parcours de dix cibles, comme ce fut le cas à Vassieux, où alternaient sous-bois et prairies. Les distances de tir varient de 8 à 26 mètres, le décompte des points se faisant selon des cercles concentriques attribuant d’un à cinq points, comme sur une cible classique.

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