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Au Japon, les salles d’arcade sont en crise

Une salle d’arcade à Tokyo, le 25 septembre 2022.

Depuis quelques années, les salles d’arcade de Tokyo, ces établissements très populaires concentrant des jeux en tout genre, ont vu plusieurs de leurs représentants célèbres fermer les uns après les autres – à l’exemple du regretté Sega Building 2, à Akihabara, le quartier électronique et branché de la capitale japonaise, en 2020. Et cette spirale négative peine à s’inverser.

Dans une note publiée le 7 avril, la société d’analyse Teikoku Databank se penche sur ce déclin des salles d’arcade traditionnelles nippones, marqué par les faillites et les fermetures de 18 d’entre elles au cours de l’exercice 2023 (il y en avait encore 4 022 en 2019). Ce qui représente une hausse pour la deuxième année d’affilée, et un record depuis 2018. En dix ans, près de 8 000 centres et salles d’arcade ont disparu.

De fait, le modèle économique de ces établissements est ébranlé : les coûts de fonctionnement sont devenus prohibitifs, notamment en raison des loyers élevés dans les zones urbaines et de l’augmentation des factures énergétiques. Les exploitants sont également confrontés à une baisse d’intérêt parmi les jeunes générations, plus attirées par l’offre de divertissement à domicile – consoles de salon et plates-formes de streaming en tête. De surcroît, certaines entreprises sont dans l’obligation d’honorer les prêts accordés pendant la pandémie de Covid-19.

Machines à pince

Le bénéfice d’exploitation moyen de ce type d’établissement est de seulement 6 yens (moins de 4 centimes d’euro) par tranche de 100 yens de chiffre d’affaires. Ainsi, pour chaque pièce de 100 yens dépensée, le prix habituel d’une partie, 94 yens sont uniquement alloués aux dépenses de fonctionnement, ce qui ne permet pas le maintien de marges bénéficiaires viables.

Même le géant du jeu vidéo Sega n’a eu d’autre choix que de se retirer en 2022, après plus de cinquante ans de présence sur le marché de l’arcade. Après l’établissement d’Akihabara, celui du quartier Ikebukuro a fermé, fin 2021. A son apogée, à la fin des années 1990, Sega était un véritable poids lourd du secteur, avec un peu moins de mille salles exploitées dans tout l’Archipel.

Certaines grandes chaînes, qui privilégient les centres commerciaux, ont néanmoins su s’adapter aux évolutions du marché, en se tournant vers un modèle économique unique, en proposant seulement des machines à pince (avec lesquelles on attrape des peluches), afin de répondre à une demande de plus en plus familiale et occasionnelle. Le 29 août 2020, Taito Station validait même le record mondial du plus grand nombre de machines à pince dans un même lieu pour sa succursale de Fuchu et ses 454 appareils.

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