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Ces jeunes extrémistes juifs qui rêvent de coloniser l’enclave de Gaza

Sur le parking caché derrière la gare d’Ashkelon, sur la côte, au nord de la bande de Gaza, les phares de quelques voitures fatiguées s’éteignent. L’endroit est sale, sombre, presque vide. Il aurait dû y avoir là des dizaines de véhicules, avec, à leur bord, ceux qui, dans le milieu des colons de Cisjordanie ou dans la mouvance des sionistes religieux, ont assuré, les jours derniers, sur des groupes WhatsApp d’extrême droite, avoir l’intention de se joindre à une tentative d’entrer dans Gaza par la force. Une opération destinée à manifester leur volonté de recoloniser l’enclave dévastée par la guerre depuis plus de deux cents jours.

De jeunes Israéliens, près d’Ashkelon (Israël), le 24 avril 2024.
En arrière-plan, les lumières d’Ashkelon (Israël), le 24 avril 2024.

L’un des points de rendez-vous a été donné ici, dans la nuit d’Ashkelon, mercredi 24 avril, sur ce parking, pour se rendre ensuite dans un autre point de regroupement, plus près de Gaza. De là, c’est à pied que la foule des aspirants à la recolonisation espérait avancer le lendemain vers Gaza, en forçant les barrages de la police.

Mais il n’y a pas grand monde, sur le parking. Pire, les phares d’un véhicule de police balaient maintenant la scène. Un homme en uniforme en descend. « Mais où sont les autres ? », demande-t-il au conducteur d’un vieux van tout cabossé, où s’entassent sa femme et ses enfants. Personne n’en sait rien. Le monsieur au volant a un peu peur des intentions du policier, mais ce dernier le rassure : « Ne vous inquiétez pas, je suis avec vous ! »

Rassemblement en vue d’une manifestation en faveur de la colonisation de la bande de Gaza, près d’Ashkelon (Israël), le 25 avril 2024.
Des manifestants, près d’Ashkelon (Israël), le 25 avril 2024.
Près d’Ashkelon (Israël), le 25 avril 2024.

Non loin, dans une voiture banalisée, deux agents du service de renseignement intérieur (Shin Beth) tentent de se faire discrets, ce qui n’est pas simple. Ils font défiler des portraits de leaders de la mouvance des colons et de rabbins extrémistes sur leurs téléphones, mais il n’y a pas grand monde à identifier. Enfin, le maigre groupe se met en route et fonce vers le sud, atteignant bientôt le second point de rendez-vous, un petit bois de conifères avec des tables de pique-nique, coincé entre des voies rapides. Gaza est à 5 kilomètres. On entend des explosions, au loin, à intervalles réguliers.

« Mon rêve absolu, c’est de vivre à Gaza »

Dans le noir émergent des feux de bois, des tentes et des silhouettes. Il y a des « jeunes des collines » (des colons extrémistes qui vivent dans des avant-postes, des embryons de colonie, en Cisjordanie) flottant dans leur jean, et d’autres, vêtus à la façon des orthodoxes, avec les franges de leur tsitsit qui pendent à la taille et un chapeau noir. Ils chuchotent les modalités du plan pour le lendemain. « Il n’y aurait pas un endroit où on pourrait aller pour mieux voir les explosions de Gaza ? », demande un garçon.

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