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Nice instaure un couvre-feu pour les moins de 13 ans

Le maire de Nice, Christian Estrosi, à Paris, le 6 octobre 2021.

Un arrêté imposant un couvre-feu aux mineurs de moins de 13 ans entre en vigueur, mercredi 1er mai, à Nice, qui suit l’exemple d’autres municipalités ayant pris ce type de mesures au nom de la lutte contre la délinquance. L’arrêté s’impose dans la ville aux mineurs de moins de 13 ans, de 23 heures à 6 heures du matin, « sur la période estivale et sur l’ensemble des points d’attroupement de toute la ville », a précisé le maire de Nice, Christian Estrosi (Horizons), dans un communiqué.

L’arrêté mentionne plusieurs quartiers, parmi lesquels le centre-ville du Vieux Nice, et souligne que « la mise en cause de mineurs dans des faits de délinquance en qualité de victimes ou bien d’auteurs ne faiblit pas » en 2024. Dans le quartier des Moulins, « en proie à un trafic de stupéfiants endémique (…) avec des mineurs souvent embrigadés par des adultes en qualité de guetteurs ou de vendeurs », le couvre-feu concerne tous les mineurs de moins de 16 ans, précise le document. Le maire y note aussi le fait que « l’affluence touristique engendre des regroupements importants avec souvent pour conséquences des comportements déviants », n’épargnant pas les mineurs.

« Le fait qu’un enfant de moins de 13 ans soit chez ses parents la nuit ne devrait pas être le fruit de la volonté d’un maire. Ça devrait être le fait du bon sens des parents et de la loi. Comme le bon sens et la responsabilité des parents font parfois défaut et que la loi n’a pas le courage de s’en saisir, je prends mes responsabilités », avait expliqué M. Estrosi la semaine dernière en annonçant la mesure.

Un couvre-feu déjà instauré de 2009 à 2020

Ce couvre-feu « relève davantage de la politique de façade », avait alors regretté l’élue d’opposition (Ecologiste), Juliette Chesnel-Le Roux, reprochant à M. Estrosi « le rabotage des budgets école et logement ». Un tel couvre-feu avait déjà été institué à Nice à partir de 2009 mais avait été abandonné lors de l’épidémie de Covid-19, en 2020. Non loin, à Cagnes-sur-Mer, un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans est en vigueur depuis 2004. Une interdiction qui, selon la municipalité, fait « partie d’une politique globale » incluant d’autres mesures pour la jeunesse.

Les villes de Béziers (Hérault), dirigée par Robert Ménard, proche de l’extrême droite, et des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) ont adopté une mesure similaire la semaine dernière. Un couvre-feu pour les mineurs est aussi en vigueur à Pointe-à-Pitre, à la Guadeloupe, pour une durée d’un mois renouvelable.

La thématique de la violence des jeunes s’est récemment imposée dans le débat public en France à la suite de plusieurs faits divers, et le gouvernement multiplie les annonces de fermeté sur ce thème à quelques semaines des élections européennes.

Le Monde avec AFP

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