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Loi d’orientation agricole : « Il faut enseigner la bio pour susciter des vocations »

La loi d’orientation pour la souveraineté agricole et le renouvellement des générations en agriculture arrive à l’Assemblée nationale. Elle se targue de vouloir former tous les futurs actifs aux transitions agroécologiques et climatiques. Et pour cela, elle dispose que l’enseignement agricole doit adapter ses formations aux besoins en emploi et en compétences pour les transitions. Pourtant, pas un mot sur l’agriculture biologique.

Or, il faut bien former les agriculteurs et agricultrices de demain à l’agriculture biologique. De par ses bienfaits sur l’environnement et sur le bien-être animal, l’agriculture bio attire les salariés et les nouveaux exploitants. L’enseignement agricole doit tenir compte de l’attractivité de ce modèle pour répondre aux motivations des agriculteurs de demain. En plus, on sait qu’il est urgent de trouver des solutions pour former les futurs agriculteurs et agricultrices, car près de la moitié des exploitants vont partir à la retraite d’ici dix ans.

Aujourd’hui, la bio représente d’un quart à la moitié des projets d’installation et 16 % de l’emploi agricole. Tous ces emplois servent directement la transition agroécologique : l’agriculture bio, qui interdit strictement l’utilisation de tout produit chimique de synthèse, étant aujourd’hui le modèle agro-environnemental le plus abouti et le plus contrôlé.

Un défi que d’orienter et de former

Aux besoins d’emplois actuels vont s’ajouter les besoins futurs de l’agriculture biologique : l’Etat a réaffirmé dans son pacte d’orientation agricole son objectif de 18 % des surfaces en bio d’ici 2027 et de 21 % en 2030. Si avec 10 % des surfaces les secteurs de la bio cumulent déjà 200 000 emplois, il en faudrait au moins 160 000 de plus pour atteindre cet objectif.

Sur la production agricole en particulier, les 60 000 fermes bio emploient en moyenne 30 % de main-d’œuvre en plus que les fermes conventionnelles, amenant du dynamisme dans les zones rurales. C’est un défi d’orienter et de former toutes ces nouvelles recrues dans le secteur biologique. Particulièrement pour permettre à celles et ceux qui le souhaitent de s’installer sur leur propre ferme et assurer le renouvellement des générations. Et pourtant les pratiques et méthodes biologiques n’ont toujours pas leur place dans les enseignements.

Les programmes de l’enseignement agricole prévoient bien que l’agroécologie doit être intégrée dans tous les modules : la bio est possiblement partout et nulle part. Il n’y a pas de précision de durée, de définition précise de l’agroécologie ou des pratiques qui l’englobent, rendant la notion bien difficile d’appropriation pour les enseignants. Eux-mêmes expriment leur manque de ressources : 72 % déclarent avoir besoin de plus de contenus techniques pour se sentir à même d’enseigner l’agriculture biologique.

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