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Guerre Israël-Hamas : Benyamin Nétanyahou pris en tenailles entre ses alliés du cabinet de guerre et ses partenaires d’extrême droite

Au centre, Benyamin Nétanyahou, lors d’une réunion de son cabinet au ministère israélien de la défense, à Tel Aviv, le 24 décembre 2023.

Le général Benny Gantz a fini par s’aventurer, à pas comptés, samedi 18 mai, sur le chemin escarpé qui doit le mener à quitter le gouvernement israélien, et à tenter de précipiter des élections et la chute du premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Voilà cinq mois que l’ancien chef d’état-major et ses alliés au sein du cabinet de guerre tergiversent. Sous le couvert de l’anonymat, par voie de presse, ils disent tout le mal qu’ils pensent de ce premier ministre avec lequel ils n’échangent plus guère.

Ils le jugent accaparé par sa survie politique et soumis à ses alliés d’extrême droite, prêts pour leur part à sacrifier les otages du Hamas afin de poursuivre leur conquête des territoires palestiniens, en Cisjordanie comme à Gaza, où ils militent pour un nettoyage ethnique et une réimplantation des colonies juives. Depuis cinq mois, les partisans de M. Gantz s’interrogent : combien de temps peut-il cautionner l’action de ce gouvernement, en prétendant l’influencer de l’intérieur ?

Le général n’a pas démissionné samedi, ni répété comme le mois passé qu’il souhaitait des élections dès septembre, mais il a posé un ultimatum. Il demande à M. Nétanyahou de trancher sur six grands enjeux stratégiques, sans quoi il menace de se retirer du gouvernement le 8 juin.

Cette date n’apparaît cependant pas gravée dans le marbre. M. Gantz accuse implicitement M. Nétanyahou de faire primer son intérêt personnel sur celui du pays, mais il promet encore de « demeurer son partenaire dans la bataille », si celui-ci prend ses distances avec les « zélotes » de sa coalition.

Un débat israélien en vase clos

Si le général se montre encore pondéré, c’est qu’il s’engage sur une voie étroite, où tous les rivaux de droite de M. Nétanyahou ont échoué depuis une décennie : le quitter, c’est risquer d’apparaître comme un traître, en rompant une unité de façade. Il craint de heurter ces électeurs de la droite dite « modérée », dont les sondages indiquent depuis octobre 2023 qu’ils pourraient se ranger derrière lui. Comme nombre de ses rivaux, M. Gantz estime que ces quelque 20 sièges mobiles sur 120 au Parlement sont le point d’équilibre du pays, son futur.

Il demande donc au chef du gouvernement de trancher sur un accord qui permettrait la libération des otages, sur la manière de poursuivre des opérations militaires de moindre intensité dans Gaza, tout en dégageant l’armée d’une part de ses responsabilités sur deux millions de déplacés palestiniens, en instaurant un régime local.

Il souhaite que les habitants israéliens déplacés de la frontière nord puissent rentrer chez eux au 1er septembre – ce qui laisserait peu de temps pour une possible opération militaire au Liban, censée y repousser la menace du Hezbollah. Il milite pour normaliser les relations avec l’Arabie saoudite après la guerre, et exige qu’une part des étudiants en religion ultraorthodoxes cesse d’être dispensée de service militaire – une réforme qui tétanise les rabbins fondamentalistes alliés de M. Nétanyahou.

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