Close

L’ancien PDG d’EDF Henri Proglio jugé pour favoritisme, le procès d’un homme aux larges réseaux

PDG d’EDF entre 2009 et 2014, Henri Proglio était un patron particulièrement entouré, bénéficiant des conseils tarifés d’une multiplicité de personnes ou de sociétés spécialisées dans la communication, la stratégie ou l’intelligence économique. Pendant son mandat à la tête de l’énergéticien public, l’homme d’affaires de 74 ans, ancienne gloire de l’industrie française ayant également dirigé Veolia, avait signé une quarantaine de contrats de ce genre, pour un montant cumulé d’environ 21 millions d’euros hors taxes.

Des missions passées sans mise en concurrence ni appel d’offres, qui valent à Henri Proglio de comparaître à partir de mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Paris, où il sera jugé pour « favoritisme », de même qu’EDF en tant que personne morale. Egalement convoqué, l’ancien secrétaire général de l’entreprise, Alain Tchernonog, ne devrait pas être jugé en raison de son état de santé. Le procès doit durer jusqu’au 6 juin.

Il fait suite à une enquête préliminaire lancée en septembre 2016, après un signalement de la Cour des comptes, par le Parquet national financier (PNF). Selon l’analyse de ce dernier, Henri Proglio et son secrétaire général avaient mis en place une procédure spécifique de passation de marchés pour certains contrats, de gré à gré, en violation des règles de commande s’imposant à une entreprise publique.

Ces contrats étaient validés directement par le PDG d’EDF, sans être toujours examinés par le service des achats, alors même qu’ils portaient sur des montants très importants. « Le choix direct des consultants sans mise en concurrence à la seule condition de “bien connaître le consultant” [selon les termes d’une note interne à l’entreprise rédigée en 2010 par Alain Tchernonog à la demande d’Henri Proglio] était clairement autorisé et systématisé », écrit le PNF dans une synthèse consultée par Le Monde.

« J’ai fait comme avant »

Pour les avocats d’Henri Proglio, Mes Jean-Pierre Mignard et Pierre-Emmanuel Blard, la mise en place de cette procédure, « assumée par la direction d’EDF et connue de tous en interne », répondait à une volonté de « recentrer ces contrats au sein du secrétariat général pour avoir une meilleure visibilité et supprimer certains abus ». Ils estiment aussi que l’ordonnance de 2005 régissant la commande de marchés pour EDF ne prévoyait pas à l’époque des faits dénoncés d’infraction pénale en cas de non-respect. La première journée du procès devrait être consacrée à l’examen d’une question prioritaire de constitutionnalité et aux conclusions d’avocats demandant l’annulation des poursuites.

Il vous reste 65.5% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top