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La Cour internationale de justice accroît la pression sur Israël

La Cour internationale de justice, lors d’une décision sur la demande de l’Afrique du Sud d’ordonner l’arrêt de l’offensive israélienne sur Rafah, dans la bande de Gaza, à La Haye (Pays-Bas), le 24 mai 2024.

La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné à Israël d’« arrêter immédiatement son offensive militaire » à Rafah, et plus précisément toute action, dans le cadre de cette opération d’une ampleur inégalée depuis quatre mois, « qui serait susceptible de soumettre le groupe des Palestiniens de Gaza à des conditions d’existence capables d’entraîner sa destruction physique totale ou partielle ». Cette décision, rendue vendredi 24 mai par la plus haute cour des Nations unies, accroît la pression de la justice internationale sur Israël, après deux précédentes ordonnances de ces juges.

L’Afrique du Sud avait déposé plainte devant eux le 30 décembre 2023, accusant l’Etat hébreu de violer la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Les magistrats ne se prononceront pas sur le fond avant plusieurs années, mais ils ordonnent une nouvelle fois à Israël de prendre des mesures d’urgence.

Dans leur première décision, délivrée le 26 janvier, ils avaient déjà établi qu’il existe un risque « plausible » que les droits des Palestiniens de Gaza à ne pas être ciblés par un génocide soient violés. Cette fois, ils estiment qu’il existe « un risque réel et imminent » que la situation soit irréparable, « un risque accru » de génocide des Palestiniens de Gaza.

« La situation humanitaire peut aujourd’hui être qualifiée de désastreuse », a lu le président de la CIJ, le juge Nawaf Salam. Depuis leur précédente ordonnance du 28 mars, les magistrats estiment que la situation s’est « dégradée ». Ils rappellent que la veille de l’opération militaire à Rafah, « Israël a sommé près de 100 000 Palestiniens d’évacuer la partie est de Rafah, et de rejoindre les zones d’Al-Mawasi et de Khan Younès en prévision d’une offensive militaire ».

Déplacements forcés

Le lendemain, Israël se déclarait maître du poste frontière avec l’Egypte, aux abords duquel s’étend cette cité, au cul-de-sac méridional de la bande de Gaza. Durant les jours suivants, l’armée s’est implantée en ville, plus loin du terminal, elle a traqué des commandos isolés du Hamas et a étendu ses ordres d’évacuation, jusqu’à dépeupler la cité en large part.

A Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 mai 2024.

S’appuyant sur les données des Nations unies, les juges soulignent que près de 800 000 personnes ont été déplacées de Rafah depuis le 18 mai. En réalité, ce chiffre est déjà dépassé : on approche du million, soit la moitié de la population de la bande de Gaza. Ces familles avaient déjà été contraintes pour la plupart de quitter plusieurs abris de fortune ailleurs dans l’enclave, et poursuivent leur errance.

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