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ChatGPT : « le talon d’Achille de l’intelligence artificielle, c’est sa consommation d’énergie »

Sam Altman, directeur général d’OpenAI, l’avait reconnu lors de son passage au sommet de Davos (Suisse) en janvier dernier, le talon d’Achille de l’intelligence artificielle, c’est sa consommation d’énergie. Son espoir, une percée dans la fusion nucléaire qui permettra d’obtenir une énergie propre et infinie. Rêve prométhéen. En attendant, c’est plutôt l’énergie sale qui vient à son secours, le charbon.

Depuis le début de l’année aux Etats-Unis, les grands producteurs d’électricité annoncent, les uns après les autres, le report de leurs projets de fermeture de centrales électriques au charbon. Le Financial Times en fait la liste. Au Wisconsin, Alliant Energy repousse de trois ans la conversion d’une centrale à charbon vers le gaz, FirstEnergy renvoie son objectif de sortie du charbon au-delà de 2030.

Selon une étude de Standard & Poor’s, la baisse de la production d’électricité à partir du charbon sera de 40 % inférieure à ce qui était prévu en 2023. Dans ces conditions, il y a peu de chance que les objectifs de sortie totale de cette énergie en 2035, édictés par l’agence de l’environnement américain, puissent se réaliser. Déjà vingt-cinq Etats américains ont entamé une procédure contre cette décision.

C’est au cœur des puces que se situe l’origine de cette panique électrique. Celles de Nvidia, le spécialiste du domaine, chauffent dix fois plus qu’un microprocesseur habituel. Autrement dit, ChatGPT consomme dix fois plus d’énergie que le moteur de recherche de Google. Or, les grands acteurs du numérique, Microsoft, Amazon ou Google, sont en train de déployer à coups de dizaines de milliards des centres de données adaptés à cette nouvelle technologie dans le monde entier.

Défi de plus pour la transition énergétique

Le Wall Street Journal prend l’exemple de la Virginie du Nord, Etat américain le mieux doté au monde dans ce domaine. Les 250 usines à données qu’il possède sur son territoire consomment déjà 4 000 mégawatts, soit suffisamment pour alimenter 1 million de foyers. Les projets en cours vont porter cette consommation à plus de 11 000 mégawatts. En conséquence, selon le journal, les centres de données devraient représenter 9 % de la demande électrique en 2030, soit deux fois plus que les précédentes prévisions.

Voilà qui est excellent pour les compagnies d’électricité dont les profits s’envolent, mais qui pose un défi de plus pour la transition énergétique. On avait prévu le basculement progressif des voitures vers l’électricité, mais pas que l’intelligence artificielle allait la devancer avec autant de vigueur. Créer autant de problèmes nouveaux que l’on voulait en résoudre, c’est cela aussi la malédiction de Prométhée.

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