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Les dons aux associations sont en hausse de 2,1 % en 2023, en dépit de la conjoncture

Pour les associations et fondations, c’est la saison des assemblées générales et de la finalisation des comptes 2023. A l’heure du bilan, on pousse globalement un « ouf ! » de soulagement dans les structures recourant aux dons des particuliers : la collecte, hors urgences et libéralités (legs, assurances-vie), a progressé en moyenne de 2,1 %, selon le Baromètre de la générosité 2023 Novos-France Générosités publié le 31 mai.

En comptabilisant les urgences médiatisées (guerre en Ukraine en 2022, séismes en Turquie, en Syrie et au Maroc en 2023), la croissance se limite à 1,8 %. L’étude repose sur les chiffres de 56 des 148 organisations d’intérêt général membres de France Générosités, bénéficiaires de plus de 1 milliard d’euros de dons en 2023.

« La générosité a résisté, on s’attendait à des chiffres bien plus mauvais », réagit Laurence Lepetit, déléguée générale de ce syndicat. Autre bonne nouvelle pour le secteur : la part des dons réguliers par prélèvement automatique – Graal des associations – continue à se renforcer. Ils représentent 45 % de la collecte, contre 16 % en 2004.

L’inflation semble toutefois avoir fortement touché les petits donateurs. « Les dons les plus faibles accusent un recul marqué », relève Mme Lepetit, la somme issue de dons ponctuels de 50 euros maximum a ainsi baissé de 8,1 %. Plus généralement, elle observe une tendance « préoccupante », d’année en année, à la concentration des dons sur moins de donateurs, plus aisés, plus âgés.

Comme 2020 avec le Covid-19 et 2022 avec la guerre en Ukraine, 2023 est marquée par le poids des dons répondant à des urgences médiatisées (4,4 % de la collecte totale). Des urgences qui ont, par exemple, généré des dons records en 2023 pour le Secours islamique France (+ 12 %). « Les séismes ont fortement mobilisé nos donateurs, mais aussi la crise à Gaza, et cela continue en 2024 », explique Samir Majdoub, directeur de la communication.

« Effet ciseau »

« Les urgences se succèdent – les crises visibles, médiatiques, et celles plus silencieuses, comme la faim au Soudan, renchérit Layla Dalifard, directrice adjointe de la collecte de Médecins sans frontières France. Ces cinq dernières années, la part des urgences médiatisées dans les collectes annuelles a été proche de 5 %. Il est trop tôt pour dire que c’est structurel mais nous ne pouvons plus parler d’épiphénomène. »

Le soulagement du secteur est globalement teinté de craintes pour l’avenir. « Les pressions s’accentuent sur le modèle économique associatif », s’inquiète France Générosités, qui alerte sur l’« effet ciseau » pour nombre de structures. La petite croissance « ne compense pas l’inflation, les besoins exponentiels et la baisse des financements publics. Les Français font que les associations et les fondations tiennent le coup mais pour combien de temps ? », s’interroge Nadège Rodrigues, directrice des études du syndicat.

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